Bonjour à toutes et à tous,
Dans la suite du topic ouvert l’année dernière, c’est encore moi pour parler réseaux et infrastructures ![]()
Et d’une partie aussi invisible qu’omniprésente : les poteaux et les réseaux aériens. Ils sont partout et le sujet couvre en réalité plusieurs actions différentes. Au-delà du sujet technique, l’idée est de pouvoir vous parler des outils qui s’en trouvent améliorés et que vous pouvez réutiliser pour vos propres besoins.
TL;DR : quelques mesures simples permettraient de mener à son terme un effort d’inventaire de ces poteaux déjà bien entamé, souvent grâce au pur bénévolat et qui pourtant sert de nombreux cas d’usages et politiques publiques (voir tout en bas).
Depuis 5 ans, OpenStreetMap France fait vivre un partenariat avec Enedis pour compléter la recherche de 10 à 12 millions de supports. C’est l’un des projets qui m’a le plus permis de contribuer à l’écosystème logiciel OSM, entre Osmose et Podoma et de développer Gespot depuis septembre 2020 (qui a encore été mis à jour ce weekend).
Si vous souhaitez en savoir plus, cette vidéo de mars 2026 est la plus à jour sur le sujet. Cela a déjà permis de décrire plus d’un million de points, sans communication d’ampleur sur le sujet.
Plus de 2 400 personnes ont contribué à cet inventaire depuis fin 2020 jusqu’à aujourd’hui qui a permis non seulement d’identifier des ouvrages hors du champ des vols lidar de l’exploitant mais aussi de rectifier certains positionnements défaillants obtenus par le lidar.
Mais Enedis n’est pas le seul gestionnaire de réseau à exploiter des poteaux propriété des collectivités locales. Près de 100 autres exploitants de réseaux de distribution d’électricité agissent dans l’hexagone que j’essaie d’impliquer depuis plusieurs années sans succès alors les personnes qui contribuent ne s’arrêtent pas à la zone Enedis évidemment. Cela occasionne une perte de temps incroyable, probablement des inventaires en double et de récentes procédures juridiques pour certains d’entre eux.
RTE qui exploite le réseau de transport d’électricité, propriété de l’État, est également concerné par la démarche dans le sens où une large part du réseau est encore aérienne. La communauté OpenStreetMap a investi du temps pour :
- Fiabiliser l’inventaire des pylônes dans la base, au point de pouvoir remonter plusieurs (dizaines ? centaines ?) de signalements à l’exploitant comparativement aux données qui étaient ouvertes
- Documenter l’apparence de ce patrimoine visuel avec force de détails et dans les limites de ce que permet le projet OSM
Malheureusement et dans un cadre réglementaire qui reste à déterminer, RTE qui a été un acteur pionnier sur les données ouvertes du domaine en 2017 a retiré ses publications en 2025, mettant en péril les efforts passés et induisant une charge supplémentaire sur la contribution volontaire.
Sans parler d’autres secteurs comme les télécoms qui mobilise aussi de nombreux poteaux bien visibles dans les zones urbaines résidentielles ou rurales (Orange évaluait son parc à 13 millions en 2011)
Fort de cette expérience, certaines inerties restent pour moi incompréhensibles. Bien que les réseaux aériens ne soient pas dans la lumière de la réglementation anti-endommagement, surtout valable pour les réseaux souterrains, leur inventaire patrimonial reste nécessaire dans beaucoup de cas :
- L’adaptation au changement climatique, prévention des risques électriques et soutien à l’électrification rurale
- Redevances d’occupations multiples, suivi de l’occupation du domaine public et de la voirie
- La gestion de la végétation et de l’élagage
- Impacts fonciers lors des surplombs de parcelles privées
- Tenue à jour de la BDTopo et son thème sur les lignes électriques
- Et même le réseau géodésique français en ce qui concerne les pylônes de RTE, qui seront massivement remplacés dans les années à venir
- Cité en exemple comme mesure simplificatrice dans la mise en œuvre d’un point d’information unique prévu par la réglementation européenne sur les télécommunications (page 5 du document de consultation)
- L’impact visuel dans certains cas particulier qu’il convient d’aménager.
Bon nombre de ces processus fonctionnent aujourd’hui avec des bases de données distinctes, lorsqu’elles existent (c’est à dire pas toujours). Cela entraîne désoptimisations et opportunités d’investissement manquées alors que l’ensemble devrait être traité de façon cohérente.
Si vous souhaitez y contribuer, plusieurs mesures (certaines simples) seraient utiles à mon sens :
- Amender l’arrêté du 11 mars 2016 pour inscrire les supports des réseaux de distribution électriques à l’inventaire réglementaire des données devant figurer dans le SIG des exploitants
- Consolider les données ouvertes nécessaires auprès de tous les gestionnaires de réseaux
- Améliorer leur détection sur les clichés Panoramax
- Renforcer l’intégration des PCRS vectoriels à Osmose
- Continuer de contribuer à OpenStreetMap sur le sujet, évidemment
Ça fait beaucoup d’informations, j’en ai bien conscience mais il me semblait nécessaire de remettre le sujet sur la table des communs.
Bonne journée !