Règles de gouvernance RNB

Voici un canal pour partager et débattre des règles de gouvernance de la donnée dans le RNB.

L’équipe du RNB proposera ici des règles sur l’encadrement des modes de contributions en amont et en aval des éditions réalisées. Ces premiers éléments ont été évoqué dans le cadre du GT Bâti du CNIG.

Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous le savez, la donnée du RNB est aujourd’hui éditable par toute personne ayant créé un compte. Nous réfléchissons, dans le cadre du GT Bâti du CNIG, à mettre en place des mécanismes pour renforcer la fiabilité des contributions et des contributeurs.

Voici des premières idées, à mettre en place en amont de la contribution, qu’en pensez vous ?

Notre Besoin : S’assurer du bon respect et de la bonne compréhension de la définition du bâtiment et les actions d’éditions qui visent à actualiser le référentiel. Pourquoi? Afin que les contributeurs contribuent correctement au RNB et limiter les erreurs liées à une mauvaise compréhension de la définition.

Nos idées:

  • Solution 1: Un tutoriel avec quizz au moment de la création de compte au RNB

    • Quid par API ? Comment le matérialiser ?
  • Solution 2: De la pédagogie récurrente voir de la formation autour de la définition lors de l’animation de communauté

  • Solution 3: Signature / engagement à une charte d’utilisation au moment de la création de compte au RNB

  • Solution 4: Renforcer les modalités de création de compte afin de mieux identifier les différentes typologies de contributeurs (ex. FranceConnect, ProConnect)

  • Attention : ne pas créer un parcours trop contraignant qui limiterait la contribution citoyenne (en général ponctuelle)

À vos commentaires

D’autres idées et propositions viendront alimenter ce fil de discussion. N’hésitez pas à commentez et proposer les votre !

C’est en effet le principal risque que je perçois.

  • La solution 1 me parait overkill (les utilisateurs zappent les tutos introductifs, de manière générale).

Par contre : 1bis. afficher aux utilisateurs des conseils ciblés et illustrés au bon moment pour éviter qu’ils créent les erreurs que vous avez déjà identifié précisément, ça me parait bien.

Je pense qu’il ne faut pas afficher de conseils théoriques mais se focaliser sur les problèmes qui sont déjà survenus par le passé pour qu’ils ne se reproduisent plus.

→ Quels sont les problèmes de fiabilité que vous avez déjà identifié à ce stade ?

  • Solution 2 : oui, mais il faut que ce soit en lien avec la problématique de chacun, sinon c’est du théorique sans conséquence.

  • Solution 3 : pas utile

  • Solution 4 : ça va créer beaucoup (trop) de friction. Ça peut être utile si votre constat est qu’une grande majorité des utilisateurs créent trop de problèmes, mais est-ce le cas ?

J’aime beaucoup l’approche de l’éditeur Rapid, avec un tuto assez peu invasif, qui donne envie à la première ouverture Rapid , combiné avec un affichage assez bien mis en valeur des anomalies d’édition dans la carte courante, au fil de l’eau, et un contrôle des incohérences à deux niveaux:

  • incohérence bloquantes qui empêchent de sauver, avec marquer cartographique et explication du problème rencontré, dans des termes pas trop tech ( overlap et auto-intersection à traduire par “les polygones de batiments se recouvrent, un contour de batiment se recroise avec lui même, etc..)
  • incohérences non bloquantes, des avertissements incitant à une meilleure qualité ou cohérence des données, mais qu’on peut ignorer. Par exemple, “ce batiment déborde de la parcelle cadastrale” par exemple.

j’aime aussi tout particulièrement les outils pour faciliter la digitalisation des angles droits, ou rendre rectangulaire, un polygone dessiné à main levé qu’on trouve dans RapId

Coté API, vous ne pouvez qu’implémenter les contraintes dures de géométries non acceptables, et peut-être implémenter un retour de conseils pour les contraintes souples, mais ce sera moins efficace qu’une implémentation coté client. ( buffer d’édition local, perf, réactivité, etc.. ).
Une question ouverte, et importante pour la topologie, est de savoir si le backend (la base de données) va reconstruire la topologie pour être certain de la cohérence de données. Dans ce cas, le web service devrait retourner les géométries des objets concernés, corrigées par la base (accrochage topologique dans la tolérance métier de quelques millimétres). J’ai fait ça pour des réseau d’eau ou l’on ne peut pas laisser les réseau “fuire” topologiquement. C’était une très belle assurance qualité.

La solution 2 est nécessaire mais pas suffisante. Il faut avoir une page de doc illustrant les bonnes pratiques de saisie, cas aux limites, et cas interdits. Mais qui lit la doc en premier lieu? Idéalement avec une ancre html pour pouvoir faire des références sur chaque cas de détail. Par exemple, “comment saisir des batiments mitoyen? Comment diviser des batiments? Que faire en cas de batiments superposés très différents ? “

Solution 3, la charte. Plus qu’une charte, un code de conduite. C’est nécessaire dans tout projet afin d’avoir un document de référence le jour où on doit modérer ou bannir des comptes malveillants. Sans imposer la lecture d’un pavé au moment d’éditer. Un truc peu intrusif, mais bien visible à tout moment du parcours ( un lien en bas de type “règles de contributions” par exemple)

Solution 4: Je suis assez favorable à ça. Je ne vois pas de raison de contribuer en anonyme, et on aurait toutes les infos sur les organismes publics ou pro sous la main pour améliorer l’analyse qualité. En revanche, je laisserai la possibilité de signaler une anomalie possible en anonyme

globalement en phase avec la réponse de @haubourg.

Solution 1. l’approche Rapid est vraiment appréciable. Avoir un tuto optionnel mais pas obligatoire me semble utile, surtout pour les non géomaticiens curieux, qui arrivent là, juste pour corriger leur patrimoine immobilier personnel

Solution 2. Toujours utile. Surtout pour les gens un peu plus impliqués, travaillant pour des services d’urbanisme. L’idée est surtout de mettre en avant les erreurs courantes ou déjà rencontrées, comme l’évoque @overflorian.

Solution 3. J’y suis favorable, mais ça doit être concis, lors de l’inscription. C’est bien une charte de conduite.

Solution 4. Pour les gens qui ne font que quelques modifications sur moins de 10 bâtiments, je suis tiraillé… J’ai envi qu’ils s’authentifient avec FranceConnect, car les contributions sont publiques et qu’il faut un minimum de responsabilisation. Mais j’ai peur que cela décourage les contributeurs trop ponctuels. Évidemment, le service ne doit pas être restreint aux agents du public, mais ouvert à tous citoyens français. Enfin, pour les modifications massives par API, je suis pour une obligation de se connecter avec une authentification de type “FranceConnect/ProConnect”, car le risque de casse, sur une base de production en live-edition, peut être massif (même si l’équipe RNB peut faire un rollback).

En marge de ces 4 solutions, comme @haubourg, je suis pour la mise en place d’outils automatisés de validation de la topologie des géométries modifiées. Ce point est trop important, au risque de récupérer trop de déchets inutilisables (ou avec un lourd coup de post-processing)

Merci pour ce canal d’échange de la communauté. J’ai hâte de lire les autres contributions ;-).

Géographiquement vôtre :globe_showing_europe_africa: :house_with_garden: :compass:

C’est certes éditable par tout le monde actuellement mais qui attendez-vous comme contributeurs? En particulier hors cadre pro? Le particulier qui constate un bug sur sa maison? Je pense qu’il serait plus simple d’avoir un système de note et d’autres contributeurs derrière qui valident ou pas et font les modifications qu’il faut. Un contributeur OSM qui voit les changements sur le terrain ou des erreurs et veut les répercuter fans le RNB? Déjà, s’il voit des problèmes avec le RNB, c’est qu’il a déjà un certain niveau de technicité. Ça serait bien qu’il puisse contribuer avec son compte OSM.

Bonjour,

Si je fais un pas de côté sur la proposition initiale, on pourrait répondre à un double objectif

  1. celui d’un commun numérique avec une contribution citoyenne sans restrictions d’accès/saisie
  2. celui d’un référentiel souverain nécessaire aux grandes politiques publiques qui nécessite qualité et stabilité pour les institutions publiques

On pourrait garder la logique d’accessibilité du citoyen qui propose une modification sans être contraint dans son parcours et avoir une modération sur ce type de contributions par un/des institutionnels. Je pense que ca n’est pas la vision la plus partagée mais elle me semble quand même répondre à une attente forte des institutions publiques qui vont utiliser ce référentiel pour la conception/suivi de politiques publiques (energie, accessibilité, habitat, ERP …).

Tu veux dire de créer une dissociation entre un jeu de données “RNB bac-à-sable” et un autre “RNB-approved” ?

Ma remarque est plus un questionnement général sur les communs et les données souveraines, le RNB n’échappant pas à cette réflexion. Je pense qu’on touche pour beaucoup à des questions éminemment stratégiques et politiques qui dépassent une approche auto-centrée RNB.
Je pense qu’on doit pouvoir émettre des propositions mais les règles de gouvernance des grands référentiels nationaux (adresse, parcelle, bati, local) doivent probablement s’examiner dans leur ensemble et non pas de façon trop silotée.

Je ne suis pas spécialiste du droit des données/base de données je peux donc faire fausse route dans mon approche sur ce qu’on entend par commun numérique, donnée de référence, donnée souveraine. J’entends ici souveraineté par le sens où la donnée est dérivée de processus administratifs consacrés par la loi et que cela alimente des politiques publiques.

Si je prends quelques autres cas :

  • Panoramax est un commun numérique coproduit sans restrictions par des particuliers et des institutions et ca ne pose pas de soucis car les photos immersives ne sont pas des données souveraines. Les photos ne résultent pas de processus administratifs spécifiques et ne sont pas des données utilisées directement pour des politiques publiques. Il n’y a donc pas particulièrement d’enjeu de stabilité en soit. Panoramax est un commun numérique, faisant de plus en plus référence (espérons le), mais n’est pas une donnée souveraine.
  • L’adresse à l’inverse, on a longtemps questionné son statut, un commun ? une donnée souveraine ? une donnée commune et souveraine ? Je pense qu’à l’époque, les réflexions de gouvernance n’étaient pas mures et on a tranché en faveur de la donnée souveraine stricte, sans ouverture. On passe désormais par la logique de signalements pour tenter d’avoir une donnée plus “fraiche” par les apports externes. On a un cadre qui légitime un type d’acteur unique (commune) dont le rôle est consacré par la loi pour produire/maintenir un référentiel souverain et assurer une stabilité d’id nécessaire aux grands comptes réutilisateurs de l’adresse. C’est déjà pas si simple quand on a 35000 producteurs et des agents publics pas tous aguerris pour appréhender correctement des guides de bonnes pratiques en matière de data (ne pas supprimer / recréer de points adresse en cas de changement de numéro par ex).
    En l’espèce, on se retrouve au final avec un commun (BANO) + une donnée souveraine (BAN) de référence (légale et à terme d’usage).

Pour moi le RNB a un défi important à résoudre :

  • C’est une donnée souveraine consacrée récemment à ce niveau pour la portée de son ID.
    ==> Cela nous impose d’assurer qualité et stabilité de la base pour son exploitation à servir des politiques publiques
  • C’est une donnée qui peut venir (pour l’essentiel) de procédures administratives multiples ce qui veut dire qu’on peut trouver plusieurs institutions légitimes à sa production/entretien (cadre plus compliqué que l’adresse)
    ==> une production très centralisée et purement institutionnelle n’est probablement pas la mieux adaptée. On aura de très grandes disparités territoriales sur la capacité à produire/entretenir le RNB. On aura des métropoles qui produisent des données 3D y compris sur la partie bati et qui pourront seul alimenter/maintenir la donnée sur leur territoire. Pour les autres, il faut compter sur une répartition de l’effort. Dans ces contextes là, le danger c’est parfois aussi quand on a trop d’acteurs. Ca rend difficilement lisible le jeu qui peut en dépendre et ca peut nuire à la qualité de la donnée (syndrome du passager clandestin qui se dit que qqun fera bien à sa place).
  • C’est une donnée qu’on veut placer comme commun numérique pour permettre justement, plus de fraicheur
    ==> cela impose de tracer les mouvements sur les entités RNB pour permettre son réemploi dans les grandes politiques publiques (nationales / locales).

Sur la partie opérationnelle, je n’ai aucune inquiétude, on trouvera bien le bon design et les bonnes règles de qui peut faire quoi, qui doit être alerté de etc …

Pour moi il faut déjà s’entendre si on conçoit le RNB comme une donnée commune ET souveraine ou pas. Si oui, pour moi, cela implique des droits différents entre les institutions légitimes (par les compétences qu’elle exercent et qui gèrent des processus administratifs sur le bati) et les citoyens.
Secondairement, la question est de savoir si le citoyen peut directement et sans modération entretenir une base unique.

Une fois qu’on a statué sur ca, on pourra définir le design sur la mécanique pour entretenir le référentiel. Je suis arrivé il y a peu de temps (octobre) sur le sujet, donc pardonnez moi si cela correspond déjà à des éléments tranchés dont je n’ai pas connaissance :slight_smile: